Que vaut réellement le Palais de la culture

Avec le Marché des Arts et Spectacles d’Abidjan (MASA) qui s’est tenu de 7 au 14 mars 2020, j’ai pendant toute la semaine fréquenté cet établissement. La plupart des activités phares étaient en programmation dans différentes salles du Palais de Culture. Notre temps a été mis à profit pour une visite sans guide bien sûr. Pour voir de près les installations et faire le constat de l’envers de son décor, qui me semble trop prétentieux.

De la lagune Ebrié, nous avons une très belle vue du Palais de Culture, avec la salle Anoumabo, la plus utilisée pour les concerts et grandes manifestations culturelles. C’est la plus importante en terme de capacité d’accueil. Une belle vue qui cache des carences qui n’honorent pas l’effervescence culturelle qui s’y trouve.

Le Palais de la Culture vue depuis la lagune Ebrié. © Google

Pour la petite histoire, on apprend partout que l’idée de création du palais de la culture vient des artistes et des acteurs du monde culturel à l’époque. Ceux-ci souhaitaient que la Côte d’Ivoire soit dotée d’une grande maison pour la valorisation des talents artistiques de la sphère culturelle en Côte d’Ivoire. Cette volonté s’est manifestée sous la gouverne de Bernard Dadié, alors ministre de la culture entre 1978 à 1982, raison pour laquelle cet établissement porte son nom.

En Côte d’Ivoire, le palais de la culture a vu la consécration musicale de nombreux artistes ivoiriens et même africains. On peinerait à compter le nombre important d’anniversaires de carrière musicale qui ont eu lieu au palais de la culture. Remplir abondamment la salle Anoumabo est devenu une performance qu’il faut réaliser pour tout artiste digne de son art. 

D’ailleurs, Arafat Dj ne se vantait-il pas sans cesse auprès de ses collègues qu’il faisait des concerts à guichet fermé au palais de la culture ? “Moi j’ai gbé palais de la culture” le disait-il à Debordo en 2011 dans son single “Rantanplan” alors qu’il était en guéguerre avec ce dernier. Les années qui ont suivi ont été simples pour Arafat car, les mélomanes répondaient toujours présent à ses différents concerts au Palais de la culture. Au point où la salle n’était plus adéquate pour ses concerts. C’est en cela que La salle Anoumambo a des carences

Arafat Dj en concert live au Palais de la Culture le 26 Décembre 2012 © IvoirMixTv

Comme alternative, l’administration mise souvent sur son esplanade. Là-bas aussi, ce n’est pas toujours la pastorale. Le concert de Burna boy en début d’année l’a largement démontré. L’espace qui berge la lagune Ebrié n’est pas toujours adapté aux spectacles de grande envergure et les emplacements mettent souvent mal à l’aise les spectateurs.

Le visage de notre temple de culture n’est pas aussi reluisant qu’on pourrait l’imaginer ?

Les activités qui s’y font ne sont pas aussi diversifiées et j’ai plusieurs fois entendu des plaintes sur les prix exorbitants qui rendent inaccessible le local à certains organisateurs d’événements. Je n’ai d’ailleurs jamais entendu parler d’un évènement culturel organisé par l’institution elle-même, à moins que je ne me trompe. Si ce n’est que pour participer au concert d’une star de la musique ou d’un festival de gastronomie. Oui on en trouve de nombreux dans le calendrier des évènements du palais de la culture et certains qui se ressemblent. Ce n’est pas un problème tant qu’ils ont les moyens de s’offrir l’esplanade.

Après la crise sanitaire, le Palais de la Culture devra trouver la formule idéale pour allier confort, accessibilité, créativité afin d’attirer et d’habituer le public à côtoyer son temple culturel. Pour cela, je pense, qu’il doit s’entourer de personnes ouvertes d’esprit et jamais à cours d’idées et d’innovations. Cela pourrait être l’affaire d’une équipe jeune et compétente. Sans oublier, le soutien de L’État et des institutions avec qui ils devraient être allié pour trouver les ressources nécessaires et doter les espaces d’une logistique adaptée aux spectacles. Ceux qui fréquentent le palais quotidiennement savent que l’urgence est l’entretien de toutes les salles de spectacles et surtout des latrines.

J’ai profité de ces quelques lignes pour rappeler les insuffisances du palais de la culture qui malgré tout reste l’un des maillons forts dans l’expression artistique en Côte d’Ivoire et dans toute la sous-région.

Et, parce que les jeunes ivoiriens ont besoins de cadre propice pour défendre leur culture, il serait grand temps de tirer la sonnette d’alarme sur l’entretien de nos établissements culturels et leur amélioration.

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