Abla Pokou, son règne en Côte d’Ivoire

Du Ghana à la Côte d’ivoire, elle reste une légende incontournable dans l’histoire des Akans. Abla Pokou, première reine des Baoulé de Côte d’Ivoire au début du XVIIIe siècle, fut obligée de fuir sa terre natale le royaume Ashanti pour échapper à la mort que lui prédestinait son destin politique,au prix du sacrifice de son unique enfant . Cette fuite qui est plus que marquée par le sacrifice de son fils unique pour permettre la traversée du fleuve Comoé.

Si l’histoire raconte que, poursuivie par des soldats de son cousin, Abla Pokou ne fut sauvée qu’après avoir sacrifié son fils unique au génie du fleuve Comoé en crue ; elle raconte très peu les actions menées après son arrivée en Côte d’Ivoire. On ne sait pas combien de temps a duré le voyage ; peut-être quatre ou cinq ans, selon certains spécialistes, de Kumasi à l’actuelle Bouaké, près de 1 500 kilomètres. Cependant Abla Pokou et son peuple s’installent à Sakassou et en font la capitale des Baoulé.

Abla Pokou, première reine des Baoulé de Côte d’Ivoire au début du XVIIIe siècle, est d’abord le personnage central d’une légende. © Charlie Hebdo

Au début du XVIIe siècle, l’actuel Ghana connaît une crise après la mort du fondateur du royaume Ashanti, Osei Tutu. La guerre entre deux prétendants à la succession du roi éclate. Le conflit qui naît entre Opoku Ware et Daaku , respectivement l’oncle et le grand frère de Abla Pokou, tourne à l’avantage du premier. 

À la mort de Daaku, Abla Pokou doit se mettre à l’abri avec tous les fidèles de son frère car elle est la prochaine favorite au trône . Ainsi commence l’exode en direction de l’ouest, en pleine saison des pluies et à travers la forêt alors dense.

Abla Pokou : le trajet de son exode 

C’est sur les rives de la Comoé en crue qu’a lieu le sacrifice de son enfant pour traverser les rapides de Milan-Mansou, situés à environ 50 kilomètres en amont de Grand-Bassam. Après une longue marche et allant vers l’ouest, la troupe arrive au bord du Bandama. Après y avoir fait une longue pause, elle décide de remonter vers le nord où elle découvre la ligne de contacte savane-forêt. 

200 kilomètres plus tard, Abla Pokou décide d’arrêter l’exode et de s’établir au cœur de cette savane. À partir de là, son royaume s’étend de Dimbokro à Sakassou dont elle en fera sa capitale. 

Abla Pokou : ses actions politiques 

Avec autorité et habileté, elle maintient la cohésion du groupe, qui la respecte en retour. Il faut parfois négocier son passage au milieu de populations inconnues, elle y arrive sans mettre en danger les siens. Cependant , elle y laisse une partie de ses guerriers, sous l’autorité de l’une de ses nièces, Tano Adjo, pour couvrir ses arrières.

Après environ 200 kilomètres, Abla Pokou décide d’arrêter l’exode et de s’établir au cœur de cette savane. © Charlie Hebdo

Une fois installée après conclusion d’une alliance, elle multiplie ces accords dans la région. Elle initie la paix avec le groupe alanguira pour éviter la résurgence de la guerre de 1701, qui avait opposé les Denkyira, dont sont issus les Alanguira, et les Ashanti, dont sont issus les Assabou d’Abla Pokou. Ensuite et progressivement , elle installe tous les chefs de l’exode dans des villages tout autour de ce qui est sa capitale, Niamonou.

 Elle suit aussi l’organisation sociale ashanti. Il y a quatre familles nobles et quatre familles vassales. Chacune est dirigée par un chef et se compose de parents, de clients, de guerriers et d’esclaves. Chacun des groupes a une fonction dans l’organisation militaire générale et porte un nom que lui a attribué la reine. C’est le point de départ des tribus baoulé.

Abla Pokou n’a pas vécu longtemps après l’installation définitive, elle meurt dans sa capitale, peut-être vers 1730. Elle voudrait sa nièce Akoua Boni comme successeur dont elle a pris soin de la former. Son vœu sera respecté. La reine défunte a été inhumée selon le rituel ashanti, dans le lit d’un cours d’eau.

 

© 2016 Akpany Blog. All Rights Reserved.

En Haut